Extrait de “L’année lumière” de Giuseppe Genna par les Editions Métailié

Ho terminato la lettura dell’edizione francese del mio L’anno luce (Tropea/Saggiatore, 2005). La traduzione, operata da Serge Quadruppani per le Editions Métailié, è semplicemente strepitosa: resto a bocca aperta nell’osservare come i ritmi interni, le cadute, gli eccessi che sono derive erronee desiderate e stanno in piedi soltanto attraverso metriche sotterranee e strutturali – insomma, tutto il corredo dell’idea poetica dell’oggetto narrativo non identificato che è L’anno luce sia stato traslato con una perizia, una delicatezza, una sensibilità, un’acribia affettuosa che per l’appunto sconfinano nell’amore che è l’atto stesso di traduzione da parte di uno scrittore autentico, quale è Quadruppani. Vorrei qui porgere nuovamente a Serge Quadruppani ringraziamenti ufficiali e però personalissimi e ammirati.
Pubblico un estratto dell’edizione francese, cioè parte del prequel; la versione italiana dell’intero prequel è visionabile qui. gg

 

PREQUEL

– Venez, je vous emmène dans le monde renouvelé.
Rapide, il lève le bras, index pointé vers le haut.
Giuseppe Genna - L'année lumière - Editions MétailiéC’est un congrès. On s’y entasse jusqu’à l’invraisemblable. Les dirigeants sont au parterre, le patron sur la scène électrise la masse. Managers, administratifs, vendeurs, secrétaires, accou-rus de toute l’Italie, jusque des agences périphériques, jusque des bureaux qui prennent la marque en leasing. L’air chaud sent la saucisse de Strasbourg et la moutarde. Ils hurlent, éperonnés par l’homme sur la scène, aux manches de chemise retroussées. Il se donne beaucoup de mal, il a soixante ans, mais il a encore des objectifs, la volonté d’agir. Il est grand, un mastodonte. C’est le leader. Il hurle le nom de son principal concurrent, le Concurrent, il met la main ouverte derrière son oreille et tend sa grosse tête de requin. La foule hurle immensément contre le Concurrent, on brandit le pouce baissé.
Fébrilité générale. Lumières orange.
La route est tracée.
Les objectifs sont immenses.
C’est une occasion immense, à ne pas laisser échapper.
Les horizons perdus ne reviennent jamais.
Derrière l’administrateur délégué qui se déchaîne sur la scène, s’étale, énorme, le slogan de la campagne de cette année : Nouvelles possibilités de se connaître. Un énorme mobile. Une énorme oreille. Un œil énorme dont les pau-pières s’écarquillent devant un mobile UMTS ouvert, dans lequel on voit le visage de l’administrateur délégué qui braille en direct. Sur les côtés, des ballons orange explosent. D’un coup s’ouvrent des boîtes en carton suspendues, comme des lanternes chinoises interstellaires, des petits billets porte-bon-heurs chinois pleuvent, orange eux aussi, la foule est un liquide dense, déchaîné, qui ondule par masses fluides, impres-sionnantes. Tout le monde bondit pour saisir au vol les billets qui pleuvent, légers, on dirait du papier qui brûle, on les appelle “SMS de papier”.
Et à cette foule, d’au moins dix mille personnes, l’adminis-trateur délégué hurle :
– Où allons-nous Vous le savez, où nous allons, nous
Puis il y a un silence sommaire. L’administrateur délégué fait montre d’une maîtrise consommée. Il joue comme un grand acteur.
– Moi, je vais vous le dire, où on va.
Il arpente la scène d’avant en arrière, pivotant sur lui-même, puis s’arrête, commence à hocher toujours plus inten-sément sa tête carrée, avec sa grosse mâchoire volontaire en mouvement. Il s’est arrêté, il hoche la tête, il lève le bras à la verticale, l’index brandi vers le haut :
– On va aller là.
La foule explose.
– Vers le ciel !
Toutes, tous hurlent.
Notre Homme, le personnage principal de ce récit, est au premier rang : celui des dirigeants les plus importants, ce qu’on appelle la première ligne. Il est debout et il applaudit, personne n’est assis sur les sièges de location en plastique.
– Nous allons arriver au ciel. Notre destin est de nous étendre. De nouveaux espaces, de nouvelles galaxies, de nou-velles planètes pour de nouveaux habitants. Et nous y serons. C’est plus près que ce que vous imaginez. Dites à ce putain d’Alien qu’on arrive !
Tout le monde rigole, c’est un éboulement, l’air s’effondre sous le séisme aérien de ce rire. Un homme mange une saucisse et applaudit, tous applaudissent et de nouvelles lanternes de papier explosent, une nouvelle myriade de petits messages i-ching tombe en pluie.
– C’est comme ça. Notre service juridique, et il montre la zone où sont entassés les gens du service juridique central, qui répondent en hurlant, notre service juridique a gagné dix-huit procès cette année, allez disons dix-neuf, contre les cons. Pas des écologistes : des prête-noms stipendiés par nos concurrents. Ils disaient que les antennes polluaient. Notre staff les a enculés.
La foule applaudit les gens du service juridique, qui reçoivent l’enthousiasme, redoublent l’enthousiasme. Ce lieu concave vibre de manière effrayante.
Voilà l’humain, le phénomène humain.
– Et même si c’était le cas Même si elles étaient polluantes, nos antennes La pollution, c’est notre oxygène ! La pollution, c’est l’avenir. Achetez des actions sur la pollution, lance-t-il, et il rit. La pollution nous pousse en avant. La pollution nous exalte. Voilà ce qu’est pour nous l’apocalypse des écologistes : un stimulus. Cette planète doit arriver à ses limites pour que nous soyons obligés d’accomplir le grand saut. Le grand saut dans l’espace, la frontière du futur est déjà là, c’est nous ! Derrière l’administrateur délégué qui hurle apparaît le vais-seau Enterprise de Star Trek, on voit le capitaine Kirk, énorme silhouette granuleuse en pixels d’un mètre carré. Ils le recon-naissent tous, poussent de nouveaux hurlements.
– Vous n’imaginez même pas ce qu’il y a là où nous irons. Des astres immenses, du diamètre du système solaire tout entier. Des étoiles gigantesques de métal éteint. Des trous qui conduisent en tournoyant à de nouvelles dimensions du bien-être. Des affrontements titanesques. De nouveaux types de magnétisme, que nous plierons à nos objectifs. Des pulsars jumeaux qui dans l’obscurité la plus profonde tour–noient deux par deux, en émettant des signaux que nous capturerons. Nous habiterons là. C’est un processus irréversible. Les laboratoires sont en train d’accoucher de surprenantes technologies, des arcanes du futur, au rythme de la respiration. Regardez, dit-il, regardez les résultats de cette année. Nous avons remporté pour notre maison le pari du système phonique de la nouvelle navette spatiale. C’est 16 milliards d’euros ! Plus 32 % en Europe grâce à l’acquisition de télécoms grecques. Notre browser est prêt. Nous avons les satellites. Le rover sur Mars communique grâce à nous, aussi. Nous avons abattu la frontière. Nous sommes le réseau qui couvre la planète. Nous quittons l’orbite de la planète. Cette planète ne mourra pas en explosant. Cette planète sera tellement polluée qu’elle se congèlera. Elle se congèlera. Elle deviendra livide, violacée. Comme Mars : une planète morte, des abysses qui ne gardent plus la moindre trace d’eau. Des traces d’une vie passée, évaporée. Des termites qui vivent dans le sous-sol. Mais nous… nous serons ailleurs, nous serons partis ailleurs, dans l’espace profond, germinant, surgissant ! Nous sommes en train de travailler pour une nouvelle espèce !
Hurlements. Sursaut fébrile. Délire.
Sur l’énorme écran du faux mobile UMTS, apparaît Djihère. Tous le reconnaissent, hululent.
– On va tous les enculer ! Pas même une part de gâteau, pas même une miette à celui qui n’est pas avec nous ! Nous sommes les seuls. Nous savons que nous sommes les seuls. Nous sommes responsables. Nous somme en train de gagner, nous sommes en train de faire gagner son futur à l’espèce. Le grand bond est proche. L’air est tout entier parcouru de vibrations sur lesquelles est imprimée notre marque ! 73 % des mots en Europe vibrent dans l’éther grâce à nous, grâce au consortium où nous sommes ! Nous secouons l’espace invisible, nous distordons le temps ! Nous sommes les héritiers de Dante, les héritiers d’Einstein ! Nous sommes en train d’écrire le livre invisible de l’histoire, dans l’air ! Tout ce qui vibre est à nous ! Tout vibre ! Nous sommes l’avant-garde d’une espèce dépassée, qui s’est dépassée ! Nous allons renverser le mur de la télépathie ! La télépathie aura notre marque imprimée ! Per-sonne ne nous achètera, nous sommes à nous !
Explosion de hurlements à nouveau, la voix est un feu liquide qui dévore l’air, elle est en expansion. Notre Homme sourit à la première rangée à côté de lui : cette rhétorique est enthousiasmante.
L’administrateur délé-gué est un génie. Il les tient dans sa main, tous autant qu’ils sont. C’est un leader-né. Il était fait pour ça. C’est une voca-tion. Notre Homme applaudit fort, ses paumes rou-gissent et lui font mal.
– Nous sommes l’immense famille, le temple, la maison ! Où que vous soyez, nous y sommes ! Si vous voulez parler, vous devez nous le demander à nous ! Nous permettons tout à cette race de merde !
Soudain, on distingue nettement sur l’écran de l’énorme faux mobile, en direct, entre les têtes pixellisées, une main maigre, au poignet mince et olivâtre, qui surgit au-dessus d’un secteur de la foule. Elle a un pistolet à la main, elle tire.
Dans le silence retentit la détonation du projectile.
L’administrateur délégué accuse le coup, rebondit en arrière, pneumatique, la tache rouge explose sur la chemise blanche, il pivote mal, comme déboîté, tombe sur la scène. Tous les visages sont blancs, les yeux et les bouches béants et noirs.
Silence. Panique. Paroxysme.
Ça commence à hurler. Toutes. Tous.
La foule se défait.
Ils se font mal. Ils n’arrivent pas à évacuer.
Notre Homme se jette à terre. La première rangée qui était à côté de lui se jette à l’horizontale sur lui, lui presse les côtes.
Sur le sol de la scène, il y a un cadavre, cet énorme corps vidé, dans la foule la main qui a tiré n’est plus visible. Les dix mille hurlent, se piétinent.
Tout à coup, l’administrateur délégué ressuscite.
Il se lève, s’essuie l’épaule de la paume de la main.
Il rit :
– Nous, nous savons toujours surprendre !
La multitude ondule, le rire commence, la musique du slogan de campagne démarre, les flashs se déchaînent, Notre Homme se relève lui aussi, s’essuie les épaules en frottant sa veste du plat de la main, tout le monde rit, un rire tumultueux qui submerge toute tension.
La mise en scène a été exaltante.
Le coup de génie a fait un strike.
Cette entreprise a des intuitions surprenantes.
L’administrateur délégué met les bras en croix, saisi par la lumière blanche des projecteurs sur la scène, puis mime une embrassade à tous, applaudit tandis que tous applaudissent en délire, il commence à descendre de la scène, revient à terre.
On lui fait rendosser sa veste, il n’a même pas déroulé les manches de sa chemise, les premières rangées, en riant, lui donnent des claques dans le dos, il montre avec un visage exces-sivement étonné la tache de faux sang et il rit, il rit, sa mâchoire carrée rit, semble manger l’air.
Tous le photographient avec leur mobile UMTS.
Tout cela est mémorable.

da L’anno Luce
Preq

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L’ANNO LUCE: il prequel

“Non considerare il potere, la ricchezza e il prestigio
come i valori superiori della nostra vita, perché in fondo
essi non rispondono alle attese del nostro cuore”
Benedetto XVI, udienza generale 1 giugno 2005

“L’universo mi teme, i miei occhi vedono la Geenna”
Apocrifi neotestamentari, Apocalisse di Esdra, 29

 

0.
Prequel

“Venite, vi porto nel mondo rinnovato”.
Rapido leva il braccio in alto, l’indice puntato all’alto.
E’ una convention. E’ gremito all’inverosimile. Gli alti gradi in platea in avanguardia, il vertice sul palco carica la massa. Manager, amministrativi, venditori, segretarie, tutti qui convenuti da tutt’Italia, dalle sedi anche periferiche, anche gli uffici che adottano il brand in leasing. C’è odore di wurstel e senape nell’aria calda. Urlano spronati da quello che urla sul palco, in maniche di camicia rimboccate. Si dà un gran da fare, ha sessant’anni ma ha ancora obbiettivi, voglia di fare. E’ alto, mastodontico. E’ il leader. Urla il nome del concorrente principale, il competitor, mette la mano aperta dietro l’orecchio e sporge la grossa testa di squalo. La folla immensamente urla contro il competitor, si alzano pollici versi.
Tutto è febbrile. Le luci sono arancioni.
La strada è tracciata.
Gli obbiettivi sono immensi.
Questa è un’opportunità immensa, da non perdere.
Gli orizzonti perduti non ritornano mai.
Dietro l’amministratore delegato, che si scatena sul palco, c’è enorme lo slogan della campagna di quest’anno: Nuove possibilità per conoscersi. Un enorme cellulare. Un enorme orecchio. Un enorme occhio che sbatte la palpebra davanti a un enorme schermo di un umts gigantesco aperto, e dentro lì si vede la faccia che urla dell’amministratore delegato, in diretta. Ai lati i palloncini esplodono, arancioni. Si aprono di colpo contenitori cartacei sospesi, come lanterne cinesi interstellari, piovono bigliettini della fortuna cinesi di colore arancione, la folla è un liquido denso, scatenato, che ondula a masse fluide, impressionanti. Tutti saltano per raccogliere al volo i bigliettini che piovono leggeri, sembra carta incendiata, definiti “sms di carta”.
E l’amministratore delegato – saranno almeno diecimila – gli urla contro: “Dove andiamo? Lo sapete dove andiamo noi?”.
Poi c’è un sommario silenzio. L’amministratore delegato è consumato nella maestria. Recita da grande attore, consumato. “Io ve lo dico, dove andiamo noi”. Cammina avanti e indietro, ruotando su se stesso, poi si ferma, inizia ad annuire sempre più intensamente con la testa squadrata, la grande mascella volitiva in movimento. Si ferma, annuisce, punta il braccio in verticale, il dito indice in verticale verso l’alto: “Là andremo”. Esplode il boato della folla. “Verso il cielo!”. Urlano tutti, tutte.
Il Nostro Uomo, il protagonista del nostro racconto, è in prima fila: quella dei dirigenti più importanti, la cosiddetta prima linea. E’ in piedi e applaude, nessuno sta seduto sulle sedie in plastica affittate.
“Noi arriveremo in cielo. Il nostro destino è espanderci. Nuovi spazi, nuove galassie, nuovi pianeti per nuovi habitat. E noi ci saremo. E’ più vicino di quanto immaginate. Dite a quell’Alien del cazzo che stiamo arrivando!”.
Ridono tutti, è uno smottamento, l’aria frana per il sisma aereo della risata. Un uomo mangia un wurstel e applaude, tutti applaudono ed esplodono nuove lanterne di carta, piove una nuova miriade di messaggini i-ching.
“E’ così. Il nostro ufficio legale” e indica la zona dove sono compressi quelli dell’ufficio legale centrale, che rispondono ululando, “il nostro ufficio legale ha vinto diciotto cause quest’anno, su diciannove, contro gli stronzi. Non ecologisti: prestanome prezzolati dai competitor. Dicevano che i tralicci inquinavano. Il nostro staff li ha inculati”.
La folla applaude quelli dell’ufficio legale, che raccolgono l’entusiasmo, raddoppiano l’entusiasmo.
Questo posto concavo vibra paurosamente.
Questo è l’umano, è il fenomeno umano.
“E se anche fosse? Se anche fossero inquinanti, i tralicci? L’inquinamento è il nostro ossigeno! L’inquinamento è il futuro. Comprate bond sull’inquinamento” e ride. “L’inquinamento ci spinge. La polluzione ci esalta. L’apocalisse ecologico è questo per noi: lo stimolo. Questo pianeta deve arrivare ai limiti perché noi siamo costretti a compiere il balzo. Il balzo nello spazio, la frontiera del futuro è già qua, siamo noi!”.
Dietro l’amministratore delegato che urla appare l’Enterprise di Star Trek, si vede il capitano Kirk, enorme sagoma sgranata in pixel da un metro quadro. Lo riconoscono, rilanciano gli urli.
“Nemmeno immaginate cosa c’è là dove andremo. Astri immensi, del diametro dell’intero sistema solare. Stelle gigantesche di metallo spento. Buchi che conducono roteando a nuove dimensioni di benessere. Scontri titanici. Nuovi tipi di magnetismo, che piegheremo ai nostri scopi. Pulsar gemelle, che nel buio più profondo ruotano a due a due, emettendo segnali che cattureremo. Noi abiteremo là. E’ un processo irreversibile. I laboratori stanno partorendo tecnologie sorprendenti, arcane, al ritmo del respiro. Guardate” dice, “guardate i risultati di quest’anno. Abbiamo portato a casa la commessa per il sistema fonico del nuovo Shuttle. Sono 16 miliardi di euro! Più 32% in Europa grazie all’aquisizione della Telecom greca. Il nuovo browser è pronto. Abbiamo i satelliti. Il rover su Marte comunica grazie a noi, anche. Abbiamo abbattuto la frontiera. Siamo la rete che sta coprendo il pianeta. Esorbitiamo dal pianeta. Questo pianeta non morirà esplodendo. Questo pianeta sarà talmente inquinato da congelarsi. Si congelerà. Diventerà livido, violaceo. Come Marte: un pianeta morto, abissi che non recano più traccia di acqua. Tracce di una vita che fu, sfumata. Termiti che sopravvivono nel sottosuolo. Ma noi – noi saremo altrove, saremo andati altrove, nello spazio profondo, germinando, sbocciando! Stiamo lavorando per una nuova specie!”.
Urla. Febbrile sussulto. Delirio.
Sull’enorme schermo dell’umts falso, appare Gei Ar. Tutti lo riconoscono, ululano.
“Noi ce li inculiamo tutti! Nemmeno una fetta di torta, nemmeno una briciola a chi non sta con noi! Siamo i soli. Sappiamo di esserlo. Siamo responsabili. Stiamo guadagnando, stiamo facendo guadagnare alla specie il suo futuro. Il grande balzo è vicino. L’aria è immensamente percorsa da vibrazioni su cui è impresso il nostro marchio! Il 73% delle parole in Europa vibra nell’etere grazie a noi, grazie al consorzio in cui stiamo! Noi scuotiamo lo spazio invisibile, distorciamo il tempo! Noi siamo gli eredi di Dante, gli eredi di Einstein! Stiamo scrivendo il libro invisibile della storia, nell’etere, nell’aria! Tutto ciò che vibra è nostro! Tutto vibra! Noi siamo l’avanguardia di una specie superata, che si è superata! Stiamo per sfondare il muro della telepatia! La telepatia avrà il nostro marchio impresso! Nessuno ci comprerà, noi siamo nostri!”.
Ancora boati, la voce è un fuoco liquido che divora l’aria, è in espansione.
Il Nostro Uomo sorride alla prima linea che gli sta accanto: questa retorica è entusiasmante. L’a.d. è un genio. Li tiene in mano, tutti. E’ un leader nato. Era fatto per questo. Questa è una vocazione. Il nostro uomo applaude forte, i palmi si arrossano e fanno male.
“Noi siamo l’immensa famiglia, il tempio, la casa, siamo l’aria! Ovunque siate, lì siamo noi! Se volete parlare, dovete chiederlo a noi! Permettiamo tutto a questa razza di merda!”.
All’improvviso, si vede bene nello schermo dell’enorme finto umts, in diretta, tra le teste pixelate, distintamente una mano magra, il polso esile e olivastro, si sporge al di sopra di un settore di folla.
Ha una pistola in mano, spara.
Nel silenzio esplode il boato del proiettile.
L’amministratore delegato accusa il colpo, rimbalza indietro, pneumatico, la macchia rossa esplode sulla camicia bianca, rotea male, slogato cade sul palco. Le facce di tutti sono bianche, gli occhi e le bocche sono tutti uguali buchi neri spalancati.
E’ silenzio. E’ panico. E’ il parossismo.
Iniziano a urlare, tutti, tutte.
La folla sbanda.
Si fanno male. Non riescono a evacuare.
Il nostro uomo si butta a terra. La prima linea che gli stava accanto si butta orizzontale sopra di lui, gli pressa il costato.
Sul palco a terra c’è il cadavere, quell’enorme corpo svuotato, tra la folla la mano che ha sparato non si vede più. I diecimila sono urlano, si calpestano.
All’improvviso, l’amministratore delegato risorge.
Si alza, si pulisce la spalla col palmo della mano.
Ride: “Sappiamo sempre come stupire, noi!”.
La moltitudine ondeggia, inizia la risata, parte la musica dello slogan della campagna di quest’anno, i flash impazziscono, il nostro uomo si rialza anch’egli, si pulisce le spalle pettinandosi la giacca con la mano aperta, tutti ridono, è una risata fragorosa che sommerge ogni tensione.
La messinscena è stata esaltante.
Il colpo di genio ha fatto strike out.
Quest’azienda ha intuizioni sorprendenti.
L’amministratore delegato spalanca le braccia a croce, invaso dalla luce bianca dei fari sopra il palco, poi mima un abbraccio a tutti, applaude mentre tutti in delirio applaudono, inizia a scendere i gradini del palco, torna a terra.
Gli stanno facendo indossare la giacca, nemmeno si è risistemato le maniche della camicia, le prime linee, ridendo, gli battono pacche sulle spalle, lui mostra con la faccia stupita all’eccesso la macchia di finto sangue addosso, e ride, ride, la mascella quadrata ride, sembra mangiare tutta l’aria.
Lo fotografano tutti con l’umts.
Tutto questo è memorabile.
Sgomitano per dargli la mano, si accalcano intorno a lui.
Il nostro uomo gli stringe la mano sorridendo, con i piccoli denti privi di dentina, annuisce con l’espressione ammirata: “Come ti è venuta in mente, Lapo? Un capolavoro…”
E l’amministratore delegato annuisce e sorride e dice: “Questo è meglio del futuro: è il presente”, e strizza l’occhio, accarezza sulla guancia il nostro uomo.
E poi la folla orizzontale li copre e nemmeno sanno cosa sta per accadere, che la tragedia, onda che non si vede, sta montando.
La tragedia, sì, monta.

 

[Qui la versione francese: Extrait de L’année lumière – Giuseppe Genna – trad. Serge Quadruppani – Editions Métailié]

Comprendere Valeria Parrella

parrella_magazinedi GIUSEPPE GENNA
[dal magazine di minimum fax]

“Ho una lista, me la sgrano in mente come un rosario: agire / non agire – uomo / donna – padre / madre – presenza / assenza”.
“Io amavo Agamennone e se non era mio non poteva Essere”.
“Ho sonno perché il corpo ha sonno, ma la testa è salva”.
“Non sento curiosità nel dubbio, né fascino nella speranza”.

Cosa sono queste citazioni? Versi di tragedia? Apoftegmi di un racconto sapienziale o di un vangelo apocrifo? Aforismi filosofici? Forse tutto questo insieme, in un movimento perenne, in un transumanare nella scrittura e nella vita, urlando e stando in silenzio al tempo stesso. Non mi viene in mente di meglio per fermare un frame del percorso sorprendente e in continua genesi di Valeria Parrella.
Continua a leggere “Comprendere Valeria Parrella”

Letizia Muratori: “Il giorno dell’indipendenza”

letizia_muratori_ilgiorno dellindipendenza[Pubblico, con un ritardo che mi fornisce di adeguati sensi di colpa, uno speciale sull’importante romanzo Il giorno dell’indipendenza di Letizia Muratori. Sotto la mia recensione, una videointervista all’autrice, un articolo da Rolling Stones e un intervento di Paolo Di Stefano. gg]

I casi della vita non mi permettono di avere fiato da mesi e, quindi, di non riuscire a scrivere adeguatamente dei libri che ritengo importanti.
Tra i libri che ritengo importanti, usciti in questo ultimo semestre, mi pare abbastanza fondamentale Il giorno dell’indipendenza di Letizia Muratori, edito da Adelphi (15 euro). Chi desiderasse conoscere la trama, può farlo cliccando qui. Posso permettermi qualche superficiale osservazione, che vorrei tanto corroborasse la fiducia nella scrittura di questa autrice per me straordinaria. Seguo con non malcelato interesse il percorso narrativo (che ora non so nemmeno più se qualificare in questo modo) di Letizia Muratori, giunta, con La casa madre (qui la mia recensione), a un per me evidente salto quantico, per il lavoro effettuato sulle strutture e per l’impressionante raggiungimento di uno stile di “grado zero”, possibilità concessa soltanto a chi abbia la capacità di percorrere e praticare ogni stile.
letizia_muratori1Il giorno dell’indipendenza, per quanto apparentemente distante dalle ambientazioni e dalle location del romanzo precedente (poiché di romanzo, od oggetto narrativo, si trattava: non tanto nonostante, ma proprio per il fatto che era costruito sull’incrocio ambiguo di due racconti, non perfettamente speculari), porta a estreme latitudini la tematica dell’affetto al trauma che è l’umano tutto, cioè l’occhio ciclonico di entrambi questi libri. Se nella Casa madre Muratori conduceva agli estremi linguistici e figurali la meditazione sulla dipendenza dal trauma, e sulla propria dipendenza dal linguaggio anzitutto, ne Il giorno dell’indipendenza giunge letteralmente a quanto dichiara il titolo, cioè all’indipendenza dal letterario e alla possibilità di sporgersi allusivamente oltre l’assenza dell’umano. Questa è la narrazione letterale, costruita sì per metafore (non per allegorie), però tali che o vengono prese alla lettera oppure impongono la percezione di un mancato nitore e di una ricaduta in chissà quale estetico. Il lettore è (non mi è possibile evadere dall’avverbio ancora una volta) letteralmente lasciato da solo e, se il libro non è compreso (e non mi affido a una capacità cognitiva o semplicemente emotiva), la colpa è del lettore stesso. Muratori giunge all’ininterpretabilità che è lo stesso movimento dell’interpretazione.
Continua a leggere “Letizia Muratori: “Il giorno dell’indipendenza””

Burroughs: evoluzione umana, spazio cosmico, mutazione, corpo di sogno. La poetica inevitabile.

William-S-Burroughs-w-gundi WILLIAM BURROUGHS

Avanzo l’ipotesi teorica che noi umani non siamo stati disegnati biologicamente per rimanere nell’attuale stato, non più di quanto un millepiedi sia stato progettato per rimanere un millepiedi. La specie umana è in uno stato di neotenia. Si tratta di un termine proprio della biologia, che descrive un organo predisposto in quella che ordinariamente viene considerata una fase larvale o di transizione. E’ qualcosa di estremamente importante: l’evoluzione consiste in un processo monodirezionale – una volta che sono state perdute le branchie, esse non verranno più riacquisite. Qualunque cosa significhi che un mutamento è in atto, vale il fatto che esso è irreversibile. Ora, se solo si considerano questi passi di un percorso evolutivo, si ha la sensazione che la creatura che lo subisce venga quasi ingannata. Per esempio, per quanto concerne il pesce, una volta che scompaiono le branchie esso ha comunque compiuto un passo involontario, privo di intenzionalità. Non dico che sia un passo in avanti, ma si tratta comunque di un passo evolutivo – cercando l’acqua, il pesce ha trovato l’aria. Forse il prossimo passo che la specie umana compirà verrà effettuato in modo analogo. L’uomo astronauta non sta attualmente cercando lo spazio, sta invece tentando di ripetere i medesimi comportamenti per un arco di tempo più lungo. Il programma spaziale consiste semplicemente in un tentativo di trasportare i nostri insolubili problemi, nella loro totalità, in un luogo differente dal pianeta terrestre. Tuttavia, allo stesso modo dell’entità ittica che arriva a camminare, cercando per lungo tempo, l’umano potrebbe trovare lo spazio anziché ciò che si attende, e scoprire che non c’è modo di tornare allo stadio evolutivo precedente. Un simile salto nel percorso evolutivo implica mutamenti che risultano virtualmente impensabili dal nostro attuale punto di osservazione. L’odierno programma spaziale assomiglia a un pesce in un acquario: esso ha tutto ciò che gli necessita. Se personalmente ritengo che comunque uscire dal pianeta segni un successo dalle tremende implicazioni, è vero che esistono molteplici fattori da considerare. Uno dei più importanti dei quali è il peso. L’umanoide pesa in media 77 kg. Attualmente devono incapsulare un intero ambiente e trasportare l’ambiente, in cui il corpo fisico vive, insieme al peso del corpo stesso. Disponiamo di una modalità estremamente più leggera, cioè il corpo astrale, detto anche corpo di sogno. Si tratta di un modello che ci fornisce un indizio in grado di mutare l’intero scenario. Ricerche recenti hanno evidenziato che i sogni sono a tutti gli effetti una necessità biologica. E’ possibile affermare quando un animale o un umano sono in stato di sogno, rilevando le frequenze cerebrali.
I sogni costituiscono una connessione vitale al nostro destino biologico e spirituale nello spazio cosmico.
Continua a leggere “Burroughs: evoluzione umana, spazio cosmico, mutazione, corpo di sogno. La poetica inevitabile.”

Una lettura personale di “Grande Madre Rossa”

gmr_piccAvendo pubblicato il booktrailer dell’edizione Segretissimo Mondadori di Grande Madre Rossa anche su Facebook, esso è stato variamente commentato. Estraggo due commenti ai quali tengo: per rispondere e anche fare un po’ di chiarezza interiore, senza alcuna pretesa di autocommentare un mio testo – soltanto chiarire cos’è per me il libro in questione. Lo sguardo che lancio non è sull’esito testuale, sulla riuscita effettiva del libro, sulla sua letterarietà. E’ semplicemente una prospettiva intima, estranea alle logiche del successo e della valutazione. Mi serve scrivere, per meditare.

Vanja Farinovskij mi scrive: “Credo fosse il libro che mi mancava per comprendere quello che è stato il tuo ‘abbandono’ del genere noir, se così si può definire”.

Luca Giudici mi scrive: “Mi piacerebbe sapere cosa pensi tu, Giuseppe, di GMR. Io lo avevo letto quando è uscito e, rispetto a ‘Ishmael’ bè … devo dire che mi erano nate molte perplessità (forse un progetto troppo inattuale, in quel momento). E’ interessante quello che dice Vanja: GMR è fondamentale non tanto in sé, quanto per capire a posteriori lo sviluppo della tua scrittura.”

Compio due generi di precisazioni: una storica (il contesto in cui Grande Madre Rossa è nato) e uno interiore (in cosa si è trasformato e cosa volevo indagare attraverso la scrittura).
Grande Madre Rossa è il terzo “thriller” dopo Nel nome di Ishmael e Non toccare la pelle del drago (il quarto “nero”, considerando Catrame). Se Catrame era nato per omaggio a mio padre, amante dei Maigret di Simenon, che aveva riletto tutti più volte, ed era stato scritto (e si vede…) in quattro giorni, Nel nome di Ishmael era stata un’occasione offertami dal direttore generale di Mondadori, Gian Arturo Ferrari, che mi aveva chiesto quale libro volessi fare e me lo aveva fatto fare, fornendomi tutto il supporto emotivo e cognitivo di cui uno scrittore ai primi passi avrebbe bisogno in un mondo ideale – cosa di cui sarò per sempre grato a Ferrari, che è in pratica il padre putativo del romanzo, non quanto a trama e sviluppo, ma certamente quanto a valutazione, editing e strategia. Continua a leggere “Una lettura personale di “Grande Madre Rossa””

Crime: un bilancio

di Giuseppe Genna
[da “il manifesto”, 17.2.2009]

crime.gifMUTAZIONI DI RETORICA NELLO SPETTRO DEL NOIR
Oscenamente più splatter e abissalmente più nera di ogni genere narrativo, la morbosità derivata dalla esibizione della morte, che ci viene compulsivamente propinata dai media, sta modificando il genoma di correnti letterarie che vanno dall’hard boiled al romanzo epico. Contribuiscono alla mutazione le fiction, spesso apologetiche nei confronti delle forze dell’ordine, e le strategie dei nuovi serial tv

Più o meno da sempre i critici letterari italiani hanno inveito contro il successo di massa di alcuni libri: thriller o noir che fossero, i loro autori provenivano da zone troppo lumpen della narrativa. Ma l’onda lunga dei «libri neri» non sembra essersi perciò arrestata: la trilogia “Millennium” di Stieg Larsson, e tutto lo tsunami svedese, sono una conferma, almeno apparente, di questa vitalità.
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